Patrimoine

Clermont en noir et en clair

— La rédaction

Clermont en noir et en clair

Une cathédrale sombre, une basilique claire, à dix minutes de marche l’une de l’autre. Ce contraste raconte toute la ville.

La première chose qui frappe un visiteur, à Clermont-Ferrand, c’est la couleur. La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption est noire. Pas sale : noire. Elle est bâtie en pierre de Volvic, une lave grise à noire extraite à quelques kilomètres de là, dure, imputrescible, et parfaitement insensible au temps qui passe.

Ce choix n’a rien d’une coquetterie. Cette pierre volcanique se taille finement et supporte des portées que le calcaire local n’aurait pas permises : c’est elle qui autorise ces piliers étonnamment fins et cette hauteur sous voûte. Les deux flèches, elles, sont bien plus récentes — elles datent du XIXe siècle et de la campagne de restauration menée par Viollet-le-Duc, qui a donné à la cathédrale la silhouette qu’on lui connaît aujourd’hui.

À dix minutes de marche, la basilique Notre-Dame-du-Port dit exactement l’inverse. Elle est claire, trapue, ronde d’épaules — de l’art roman auvergnat dans sa forme la plus aboutie, bâtie en arkose blonde. Là où la cathédrale monte, elle s’étale. Là où l’une joue la verticale et la lumière filtrée, l’autre joue la masse et la pénombre chaude. Elle figure sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Le meilleur moyen de comprendre Clermont, c’est de faire ces dix minutes de marche d’un édifice à l’autre, dans un sens puis dans l’autre. On passe d’un monde à un autre : quatre siècles d’écart, deux pierres, deux façons de croire que l’architecture pouvait dire quelque chose.

Un détail à ne pas manquer en chemin : la fontaine d’Amboise, place de la Poterne, elle aussi en pierre de Volvic. Elle date du début du XVIe siècle, et elle a la particularité d’offrir, juste derrière elle, l’un des plus beaux points de vue de la ville sur la chaîne des Puys.