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Montferrand, la ville d’à côté

— La rédaction

Montferrand, la ville d’à côté

Le nom de la commune contient deux villes qui se sont longtemps détestées. L’une des deux est encore là, presque intacte.

Clermont-Ferrand. Le trait d’union cache une histoire de rivalité longue de plusieurs siècles. Il y avait Clermont, ville d’évêque, et Montferrand, ville de comte, à trois kilomètres l’une de l’autre. Elles se sont disputé les foires, les privilèges et les habitants avec une constance remarquable.

L’édit de Troyes, en 1630, met fin au débat par le haut : il rattache Montferrand à Clermont. Les Montferrandais protestent, longtemps, et l’union sera confirmée un siècle plus tard. Aujourd’hui encore, on ne dit pas tout à fait « je vais en ville » de la même façon selon l’endroit où l’on habite.

Ce qui rend la promenade intéressante, c’est que Montferrand n’a pas été absorbée : elle a été mise de côté. Le vieux quartier a conservé son plan en damier — une bastide, chose rare en Auvergne — et une densité de maisons médiévales et Renaissance qu’on ne soupçonne pas quand on connaît seulement le centre de Clermont. On y trouve des hôtels particuliers à tourelles, des cours intérieures, des façades à colombages, le tout dans un calme qui contraste avec l’animation de la place de Jaude.

Le meilleur moment pour s’y perdre est la fin d’après-midi, quand la lumière rase les façades. Prévoyez de lever la tête : l’essentiel se joue au-dessus du rez-de-chaussée, dans les fenêtres à meneaux et les escaliers en vis qu’on aperçoit depuis la rue.

Et pour boucler la boucle historique, poussez jusqu’à l’Aventure Michelin, à deux pas : c’est à Clermont-Ferrand que les frères André et Édouard Michelin ont fondé leur entreprise en 1889, et c’est elle qui, plus que l’édit de Troyes, a fini par souder les deux villes en une seule agglomération.